Entre un ancrage local en milieu rural, les tragédies méditerranéennes et une TRANS-EUROPA :

OBJET 1 : Ne plus supporter l’insupportable sans oser «autrement» à l’échelle des enjeux, entre un ancrage local en milieu rural, les tragédies méditerranéenne et une TRANS-EUROPA : “Sauvons l’Europe” avec sa Société civile engagée
OBJET 2 : Demande de rencontre urgente…besoin d’aide partenaire!

 

Jean-Dominique GIULIANI, Président de la Fondation Robert Schuman, à Paris
Jean-Dominique GIULIANI, Président de la Fondation Robert Schuman, à Paris

Saint-Jean d’Angély, jeudi 21 juin 2018

 

Monsieur le Président de la Fondation Robert Schuman Jean-Dominique GIULIANI,

Nous refusons le pire des scénarios qui est en passe de se réaliser pour l’Europe : sa fin programmée! Il est bien trop tard pour être pessimistes … la fatalité, est ce cela que nous voulons ?

Nous ne nous connaissons pas (1) … pas encore, et merci de bien vouloir lire ce courrier jusqu’au bout.

Comme d’autres “C dans l’air” sur France 5, nous avons suivi avec attention votre intervention du jeudi 14 juin. Elle traitait du rejet de “l’Aquarius” par l’Italie et Malte et, plus généralement, des problématiques migratoires (à un certain moment même, en abordant “la morale” d’une telle situation, votre émotion était palpable). Le veto sur l’Aquarius stigmatisait la vacuité morale et le naufrage de l’Europe. Comme nous avons suivi hier, celui sur l’actuelle fragilisation d’Angela Merkel. Il est maintenant clair que, malgré les affichages officiels, le pari de “refonder l’Europe” formulé par Emmanuel Macron lors de son élection en mai 2017, est à mettre aujourd’hui froidement aux oubliettes. Comme il est clair aussi que la vague populiste (2) est d’autant plus en train de gagner la partie, que Donald Trump et Vladimir Poutine s’ingénient également pour “tuer l’Europe” (3).

Reconnaissons objectivement que ces différentes conjugaisons négatives sont en passe de réussir et ce brave Robert Schuman doit se retourner en ce moment dans sa tombe en partageant nos craintes et notre honte. Qu’en pense Jacques Delors ? … alors, à part discourir inutilement à perte de temps sur nos indignations et nos larmes en refusant l’impuissance et la résignation : on fait quoi ?

Demande de rencontre … par ce présent courrier, nous venons vous solliciter de vous rencontrer à Paris (si possible avec Enrico Letta, Président de l’Institut Jacques Delors, et Fabien Chevalier, Président de “Sauvons l’Europe”) … pas pour un débat agrémenté d’arguments fondés pour l’Europe, car pour suivre votre parcours public et vous connaissant depuis tant d’années, nous sommes en phase (4).

Mais nous souhaitons vous exposer et vous faire partager notre stratégie, depuis 17 ans ce même jour, depuis le 21 juin 2001 dans les bureaux parisiens de la Commission et du Parlement de l’UE (5), lorsque nous avons créé notre association Marathon (devenue Marathon JOB-EUROPA en 2007) : celle d’effectuer une TRANS-EUROPA pour mobiliser “les européens du bas” (les “invisibles” et les “sans voix” justement), pour nous prémunir de la tragédie qui nous menace actuellement. Dix-sept ans après, nous constatons que nous avions vu juste (sans être des visionnaires).

Au constat des quelques retours de courriers ci-joints, vous noterez que nous avons été proches de réussir nos objectifs entre 2003 et 2005 … sauf qu’il nous a manqué quelques ingrédients gagnants pour réussir ce difficile “consensus” autour de la TRANS-EUROPA proposée et, surtout, une insuffisance de financements pour mettre en place un tel challenge avec ses ambitions légitimes !

Sauf qu’entre temps aussi, nous avons eu la chance d’avoir rencontré feu Albert Jacquard qui, entre autre projet, portait en 1997 celui d’une “Communauté culturelle Méditerranéenne” (CCE) avec un groupe de chercheurs de l’Université d’Aubagne (cf. le résumé en ligne).
Depuis 7 ans que le dramatique cimetière méditerranéen et l’Europe forteresse ont commencé (déjà 35000 morts, et 1000 depuis le début de l’année 2018), nous nous en sommes inspirés pour préparer une CIRCUM-MEDITERRANEA … cf. >www.circum-mediterranea.org.

Nous ne voulons pas que ce courrier soit trop long, tant il y en eu depuis les mandatures de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, qui nous ont tant et plus renvoyé de ministères en Préfectures (“la patate chaude”) pour mieux nous enliser en nous assimilant à des “utopistes” ou à des “arriérés mentaux” … que de fausses certitudes avons-nous côtoyés ? … que de lâches et d’irresponsables face aux générations futures, auxquelles nous devrons rendre compte ?
Face aussi à cette lente désagrégation européenne, mal vécue par tant d’entre nous avec les conséquences tragiques qui se profilent, il n’a jamais été question de baisser les bras.

Partenariat d’États … Le vendredi 4 août 2017, nous avons donc recommencé à solliciter “un partenariat d’État” à Emmanuel Macron, à Édouard Philippe et à quelques ministères et personnalités qualifiées (4). Par sécurité et par principe d’information, nous avons mis une partie de ces courriers en ligne sur ce blog www.gabriel-delicourt.org avec une feuille de route, quelques liens avec nos autres en-cours, et une mini-bibliothèque démontrant que, s’il en était encore besoin, depuis une quarantaine d’années, nous étions bien prévenus du désastre européen qui nous guettait, “SI”.

Avant la rencontre que nous espérons avec vous (Enrico Letta et Fabien Chevalier ?), vous nous ferez l’honneur de bien vouloir en prendre connaissance avec quelques autres courriers significatifs : à Lionel Jospin, à Jean-Pierre Raffarin, à Dominique De Villepin, à Jean-Louis Borloo et d’autres figurant sur ce blog … avec également celui du 15 novembre 2014 à Martin Schulz (ci-joint) qui, bien qu’ayant déjà “vieilli” (parce que l’actualité nous dépasse tous), explique assez bien nos motivations et notre “amour de l’Europe” si difficilement co-construite (mais pas celle que nous subissons actuellement)… avec aussi ces quelques retours de 2017, depuis la nouvelle mandature, qui n’encouragent pas vraiment.

Avec le mini-dossier que vous trouverez ci-joint, vous aurez compris qu’avant de développer de telles ambitions, il s’avérait nécessaire d’être bien ancrés localement, dans notre territoire rural outragé .
Nous voudrions faire de notre ville de Saint-Jean d’Angély (petite sous-Préfecture lambda de 7200 habitants), un laboratoire de reconquête territoriale et européenne (2) : en bâtissant un pont entre l’Atlantique et la Méditerranée (en passant par Lormont -33) … puis, de Marseille, un pont avec l’Afrique (en passant par Valence, en Espagne).

Vous l’aurez compris, nous refusons plus que jamais la résignation et les trop faciles « cellules psychologiques » pour dédouaner les responsabilités individuelles et collectives (gouvernementales, institutionnelles et administratives).

C’est pourquoi nous avons retenu notre salle municipale ”Alienor d’Aquitaine” de Saint-Jean d’Angély (400 places), les mercredi 7 ou jeudi 8 novembre à 18 heures ou à 20 heures, pour lancer un Appel à la mobilisation par le biais de cette CIRCUM-MEDITERRANEA et de cette TRANS-EUROPA. Une fois n’est pas coutume, à leur tour, les aficionados de l’Europe sauront venir de La Rochelle, de Niort, de Poitiers, d’Angoulême, de Saintes …. de Bordeaux et de Paris ?
Habitué des interventions dans les grands médias ou les métropoles, après notre échange à Paris, vous nous honoreriez-vous de venir ensuite à notre rencontre avec un autre intervenant convaincu — Enrico Letta ? … Fabien Chevalier ? … ou Babette Nieder ancienne Secrétaire Générale de l’Office Franco-allemand pour la Jeunesse, avec laquelle nous avions conventionné en 2003 avec Riccardo Petrella — pour inciter nos habitants et, plus largement, celles et ceux du Poitou-Charentes, à se mobiliser les premiers aux fins d’amorcer cette reconquête (7).
La ruralité “lambda” confrontée à sa mort lente vous fait-elle peur ? … que dit votre agenda ?

Il n’est jamais trop tard … même si l’urgence nous prend la gorge, c’est bien en ce moment que tout se joue :

a) ICI, à Saint-Jean d’Angély (8), avec ce chômage dévastateur et cette misère sociale grandissante (les Restos du cœur et la Banque alimentaire, via l’Arche, font le plein) … avec en sus, comme dans d’autres territoires, la dévitalisation de notre centre ville, les liquidations judiciaires passées et présentes, traumatisantes et anxiogènes pour les entrepreneurs et leurs familles, voire mortelles.

b) LA-BAS (9a, 9b, 9c), aux frontières de l’Europe (la nôtre aussi), avec les drames effroyables engendrés chez les millions de migrants, victimes expiatoires des tragédies du Moyen-Orient, de la pauvreté et des famines au cœur de l’Afrique, suite aux égarements de la Communauté internationale et aux blocages permanents de certains États, aux « démocratures » qui laissent leurs peuples dans la misère en les encourageant à partir … voire à la faillite de l’ONU !
Les migrants sont pourtant une chance pour l’Europe, ils sont jeunes, nous vieillissons, ils nous obligent à nous remettre en question. La caractéristique d’une société humaine est la solidarité, l’individualisme en est sa mort.

Challenge collectif

Combien de dizaines de milliers de “cellules dormantes”, de “loups solitaires” ou de “colibris”, tels que nous, sont à rassembler, à mutualiser et à remobiliser avec la volonté de “SAUVER L’EUROPE” ? … cette Europe (la nôtre pourtant) qui, peu à peu, a renié son projet originel.
Par votre réel “pouvoir médiatique”, c’est aussi à cette aide que nous vous convions pour canaliser ce foisonnement d’initiatives qui montent de partout.

« La soif de connaître maîtrisant la peur de lutter », dans ces moments de doute collectif, ce pourrait-être aussi un magnifique challenge pour l’ensemble de celles et ceux qui voudront bien participer (pour vous-même aussi)… également une belle « boîte à idées » à exploiter et une quantité de réseaux à croiser et à coordonner, tant pour « redonner une autre image de l’Europe plus citoyenne, en continuant à garantir “la Paix”, que pour retrouver l’envie de l’AIMER.

Voilà … nous sommes bien conscients que nous agissons dans des mondes complètement différents. Mais, en cette période de violence sourde et d’angoisses caractérisées … du mépris affiché envers les PP (Porteurs de Projets) au profit des coûteux Fichiers S et de leur spirale mortifère durablement enclenchée … de la montée des guerres entretenant les juteux business des marchands d’armes (compris ceux de la France) … de la multiplication des Plans d’urgence et autres vigipirates gris-rouge-noir … d’embauches à outrance dans la police et dans l’armée (qui ne créent aucune richesse ni de valeur ajoutée !), nous voulons être beaucoup plus que des messagers de paix ! Nous voulons que chacun reprenne sa place au cœur du contrat civique et social européen. Nous souhaitons aussi que la République redevienne celle des « Projets » : « Ne veulent renouer avec « le réel » que ceux qui en sont sortis » (10).

Une autre page d’Histoire est donc à écrire pour notre Europe « aux abois » (et pour Saint-Jean d’Angély), en mobilisant ses citoyens réceptifs vers cette ambitieuse « Solidarité économique à grands pas » (11).
Tant de jeunes nous observent et nous espèrent, pour lesquels nous ne pouvons plus nous dérober.

Solidaires des perdants et co-acteurs d’une destination collective, toujours sur des chemins d’exigences et de générosité avec la lucidité et la détermination qui conviennent,
A vous lire et à votre écoute pour nous rencontrer prochainement (avant le 14 juillet ?),

Recevez, cher Jean-Dominique Giuliani, nos meilleurs sentiments cordiaux et fraternels.

Gabriel DELICOURT
Pdt du Marathon JOB-EUROPA
Pdt du PTCE en Vals de Saintonge

 

Ref 1 : Pour ce qui me concerne (cf. CV flash ci-joint), je m’appelle donc Gabriel Delicourt, activiste multi-associatif. J’ai 74 ans, quatre enfants et 8 petits-enfants, que je vois très peu, pour cause de réaliser les objectifs fixés. Je me suis installé à Saint-Jean d’Angély en 2004, après avoir découvert la ville en 1996 à l’occasion du montage de l’association « SOS Suicide et dépression 17 », que nous avions créé avec d’anciens chefs d’entreprises charentais-maritime, mis brutalement hors jeu ou « sur la paille », suite aux effets pervers de la mondialisation.
Je fais partie de ces acteurs de la société civile qui ne supportent plus cette banalisation du chômage et de la désespérance de masse, les perspectives de “la fin de l’Europe” (que nous souhaitions fédérale à ses débuts), et cet immense gâchis qui laissent tant de compétences inemployées, de talents frustrés et des « perdants », face à des hypothèses accablantes, voire dramatiques.

Pour approfondir notre territoire, ses ressources et ses enjeux, je me suis présenté aux élections cantonales de 2011, sur une liste EELV. Le FN était à l”époque à 13 %. Mais aux dernières élections Présidentielles, il était passé à 33 %, plus 55 % d’abstention. Cette réaction ne ressemble-t-elle pas plutôt à un immense cri de désespoir ?
Alors pourquoi la reconquête ne repartirait-elle pas de notre territoire, celui que nous connaissons bien ?

Je milite donc pour « une insurrection des consciences” et “une révolution fraternelle. Je vis toujours en « précarité partagée » avec, chevillée au corps, « l’utilité sociale » parce qu’avec d’autres, je suis aussi un rescapé de l’enfer économique (cf. “Face au naufrage”).

Ref 2 : Concernant cette “vague populiste”, sortons définitivement de cette désinformation systématique et de ces interprétations fumeuses qui arrangent les élites et les intéressés sournoisement aux manettes. Sans remonter à 1933, c’est un fait établi par les statistiques, qu’elle est principalement liée aux “inégalités croissantes”, à la montée de la précarisation et de la pauvreté, compris à l’angoisse des classes moyennes. Autant le rappeler clairement : à l’échelle mondiale, les 1% les plus riches possèdent plus que les 99 % restants. En France, les 10% les plus riches accaparent 56% des richesses. 21 Milliardaires possèdent autant que les 40% les plus pauvres de la population. En 20 ans, la fortune totale des 10 plus grandes fortunes françaises a été multipliée par 12 pendant que le nombre de pauvres augmentait de 1,2 million de personnes. Vous pouvez projeter ces chiffres à l’échelle de l’Europe (cf. le Brexit et le récent vote Italien !).

Ref 3 : Après le nouvel échec du dernier coûteux G7 au Canada (après tant d’autres), venant après l’annulation de l’accord climatique de Paris et celui de l’accord iranien sur le nucléaire, c’est maintenant une guerre commerciale déclarée par Donald Trump, qu’il va d’évidence gagner (avec la complicité de Goldman Sachs, d’une majorité de banques avec leurs pions), parce que l’Europe n’a pas su mettre les moyens pour contrebalancer le dollar avec l’Euro … trop tard !

Dommage encore pour Emmanuel Macron, mais la règle de l’unanimité est maintenant devenue impossible avec la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie qui voteront systématiquement “contre” … de surcroît, compris d’être habilement encouragés par Donald Trump, toujours lui !

Le solde des dossiers Syrien et Irakien avec le rouleau compresseur russe, vont nous amener de nouvelles vagues de migrants (déjà massés au Maghreb). Sans même évoquer les millions de futurs réfugiés climatiques (aujourd’hui 50 millions, soit 250 millions en 2050), 400 000 enfants sont actuellement en train de mourir de faim au Congo (une quarantaine de millions souffrent de famine dans l’Afrique de l’Est), face à un HCR en difficulté, faute de pouvoir convenablement lever des fonds. N’évoquons même pas l’horreur au Yémen, la guerre gagne du terrain partout … notre monde est devenu fou !

Ref 4 : Cf. votre livre “Les marchands d’influence, les lobbies en France”, paru au Seuil en 1991, ci-joint … et les autres.
Par ailleurs, quand la réalité rattrape la fiction … repassez-vous aussi «I comme Icare», d’Henri Verneuil … ou relisez <«strong>Les enfants d’Icare» d’Arthur C. Clarke: anticipation ou pas, nous en sommes bien arrivés- là !
Le problème n’étant d’ailleurs plus de s’interroger sur le comment nous en sommes arrivés-là, mais comment rebondir ?

Ref 5 : Cf. Les quelques retours ci-joints, sont indigents, décourageants et habituellement désespérants !

Ref 6 : A l’instar des “Rondes pour l’emploi solidaire” (que nous organisons en ce moment), avec ces courses de fond, nous serions à l’anti-thèse de toutes ces manifestations sportives coûteuses, voire « sans lendemain » (type « Paris-Dakar » en Amérique latine ! la Course du rhum, les événements cyclistes, de football et de tennis professionnels, qui ne servent qu’a enrichir des agents et des joueurs domiciliés en Suisse ou à Monaco pour ne pas payer d’impôts, voire à alimenter la corruption).

En sus, elle permettrait d’organiser une « dynamique de dons » pour financer des projets de proximité (voire basés sur le « social business »), en nous adossant sur les outils financiers solidaires régionaux (de type « micro-crédits », comme l’ADIE) … mieux, gratuite pour les participants (contre un sponsoring privé avec droit d’image), elle inciterait les handicapés « en état » à se mêler aux valides.

Un exemple d’initiatives possibles parmi de nombreuses autres pour promouvoir l’Europe et pour que, d’une pensée elle redevienne un sentiment… IMAGINEZ que nous pourrions créer une gigantesque “ dynamique de projets”, partout où nous passerons, en filmant “2 minutes” des dizaines, des centaines, puis des milliers de visages de “porteurs de projets” (d’initiatives ou de solutions), volontaires et présumés anonymes, et qui se présenteraient. Nous mettrions cette bourse de rencontres en ligne (en 6 ou 7 langues) pour que ces PP se retrouvent et communiquent entre eux (sans avoir jamais pu se connaître avant). Imaginez le courant de fraternité et d’efficacité qui passerait de ville en ville, d’une rive à l’autre ! … etc

Ref 7 : Mais où est passée l’Europe des territoires … Il fut un temps (entre 1985 et 1990), ou notre CCI de Rochefort-Saintonge était équipée d’un “Euro info centre” performant … disparu depuis fort longtemps (cf. le courrier à Sylvie Goulard du 4 août 2017, en ligne sur ce blog www.gabriel-delicourt.f r ).

En 2013, une émanation de l’association “Sauvons l’Europe” s’était créée en Poitou-Charentes avec une centaine d’adhérents (j’en étais) … puis, une sorte de malédiction régnant, elle ne compte plus aujourd’hui qu’une poignée de membres, en passe de jeter l’éponge !
Ce dernier 9 mai 2018 (fête de l’Europe) est passé totalement inaperçu dans notre cité … aucun drapeau européen, à part les officiels permanents, et “les nôtre” ! L’Europe s’est coupée délibérément de ses citoyens, elle leur fait peur. Une telle tragédie n’est pas arrivée toute seule, le Conseil, la Commission ou le Parlement en portent quand même bien une part de responsabilités. N’attendons pas les prochaines élections du 26 mai 2019 pour AGIR (ou craignons-les !)

Ref 8 : Quelques fussent les plans com’ pour faire semblant de croire que tout  ne va pas si mal que ça , l’état de notre ville de Saint-Jean d’Angély, interpelle sur les réelles perspectives de son devenir et sur le comment enrayer le lent déclin qui accentue sa mort lente ? … avec “un laboratoire de la reconquête”, notre challenge !

Les chiffres offensent notre ville : 23,4 % de taux de chômage (contre 13,8  %  pour le département de Charente-Maritime) … 20, 9 % de taux de pauvreté (contre 13, 4 % pour le département) … seuls 48,9 % des 3654 foyers fiscaux recensés en 2012 étaient imposables (contre 60,4 % pour le département) … la médiane du revenu disponible par unité de consommation en 2012 s’élevait à 16921 € (contre 19 144 € pour le département), etc.

Suite au récent rapport de la Cour régionale des comptes,notre ville de Saint-Jean d’Angély vient d’échapper de peu à la mise sous tutelle par la Préfecture. Elle est au bord du surendettement, donc  : la masse  salariale des agents municipaux doit baisser de 100 000 en 2018, les investissements sont bloqués pendant 5 ans, les impôts doivent augmenter de 7 % en 2018 aussi …  Avec 7200 habitants au dernier recensement, la ville a perdu 3500 habitants en trente ans. Après la fermeture de notre maternité au début de l’année 2017, suite au déclin démographique constant en parallèle du déclin économique, mentionnés ci-dessus et qui nous affectent, le pire est peut-être encore à venir. Nous en sommes à une naissance pour trois décès et devenue la troisième couronne de Saintes et de Niort avec 7000 sortants pour 2000 entrants (dur différentiel lié à l’emploi !). Si nous devions perdre notre hôpital (600 emplois et encore déficitaire de 2 millions d’€), ce sera compliqué. Raison de plus pour décupler les énergies et les initiatives .

Ref 9a : Proies des passeurs, il meurent par milliers en fuyant leurs maisons et leurs quartiers détruits par les bombes, leurs rêves anéantis, la peur de la fureur et des massacres des tueurs.
Comment manger, comment dormir normalement en pensant à tous ces enfants subissant le froid et la faim dans le dénuement, bloqués derrière les barbelés de notre Europe forteresse ? … à toutes ces femmes sans défense, prostituées par nécessité, violées et victimes de tous les trafics pour essayer de les protéger et de les nourrir ? … à tous ceux qui s’embarquent en faisant le choix de mourir noyés.

Déjà 35 000 morts noyés en Méditerranée!… l’Europe ne veut plus de migrants et ils doivent restés sur les côtes du Maghreb ou repartir dan leur pays d’origine (qui n’en veut pas). Il est clair aussi que les bateaux des ONG finiront sous séquestre, dans un quelconque port … alors que se passe-t-il ??? Faute de mieux, l’Europe paye, et suite la visite de Matteo Salvini, les gardes côtes Libyens les ramènent et pour en faire quoi : les jeter en prison, les vendre comme esclaves, les massacrer ? … la Libye est totalement incontrôlable !
Quand nous avons rencontré le Consul d’Algérie à Bordeaux, il nous a fait part d’une situation particulièrement compliquée en Algérie avec un afflux constant de migrants provenant d’Afrique et du Moyen Orient.

Comble de l’horreur : fake news ou réalité ? … Tel « les marches de la mort » du génocide des arméniens perpétré par les Turcs (1,2 millions de morts entre avril 1915 et juillet 1916) … de sources informées, 30 000 migrants seraient déjà morts de faim et de soif dans le désert saharien (la face cachée du tragique cimetière méditerranéen). Est-ce monde que nous voulions?

9b) Pas plus que vous, nous avons la solution “toute faite”. Elle est à trouver entre “frères et sœurs des deux rives” (compris entre “gens de peu”) …. alors, ne convient-il pas d’aller à la rencontre de ces autres que nous ne connaissons pas encore, et qui construisent aussi, en parallèle, leur propre modèle économique vers d’autres hypothèses, parce qu’ils ont aussi abouti de leur côté, aux mêmes conclusions que nous ? Car, comme dans toutes les guerres, des femmes et des hommes se lèvent pour résister, mais également, la complexité et la diversité des situations découragent les individualités.

9c) Société solidaire ou suicidaire ? Nous avons constamment au cœur et à l’esprit la prévention des suicides économiques de nos jeunes, privés des perspectives (en moyenne 2 jeunes se suicident chaque jour en France !… 538 suicides pour fait de chômage en 2014 et 2015 ! statistiques INSEE). Nous venons de sacrifier une génération, allons-nous immoler la suivante ?
La saisine du 10 mai 2016, voté à l’unanimité par le Conseil Économique, Social et Environnemental National rapporteure Mme Jacqueline Farache) fait état de 10 à 14000 décès par an pour fait de chômage (soit 3 fois plus que les accidents de la route, sur lesquels la prévention routière communique sans arrêt). Réalité soigneusement occultée !
Certes … comparé à la misère montante en Italie (et ailleurs) … à l’impitoyable situation sociale du peuple Grec, exangue!

Ref 10 : En référence à l’article que vous avez fait paraître dans le Ouest-France du 1er juin : l’Euroscepticisme existe-t-il ? Qui se termine par l’évocation provocante du “Projet européen” ! Lequel, alors que nous sommes au bord d’un séisme ? Projet européen aujourd’hui “moribond” et à réinventer sur le terrain avec ses citoyens déterminés et, entre autre biais, avec la TRANS-EUROPA et la CIRCUM-MEDITERRANEA que nous vous proposons. Ni Siriza, ni Podemos! Mais la volonté d’affronter les problématiques complexes à la hauteur des enjeux, pour rechercher des solutions par les échanges et les rencontres, sur le terrain des bassins de vies et d’emplois traversés !

Ref 11 : L’obscurité ou la luminosité d’une époque dépendent de l’existence de possibilités concrètes de dépassement de ce qui met la vie, sous toutes ses formes, en péril. Nous vivons aujourd’hui à l’ère de « l’homme normal », cet individu flexible, « résilient », qui n’est rien en soi, mais peut tout devenir (du moment que c’est économiquement utile), et notre époque est obscure car cette croyance que tout est possible à celui « qui saura s’adapter » produit en réalité une grande impuissance.

Complexe immigration

A) Dans les années 1960-1970, la France a accueilli 1,5 millions de Portugais fuyant le régime de Salazar !

B) En 1962, après la guerre d’Algérie, ce sont 800 000 “pieds noirs” qui sont revenus précipitamment, accompagnés par 110 000 juifs et de 135 000 français musulmans rapatriés d’Algérie (harkis, supplétifs, élites francisés)

C) rappelons-nous “la Retirada” de janvier-février 1939, où la France a (mal) accueilli en 2 mois 440 000 espagnols fuyant les troupes de Franco après la chute de la Catalogne … autre triste époque des sinistres camps d’accueil en Pyrénées orientale (compris des milliers de femmes qui avaient rejoint la résistance, ont fini leurs jours à Ravensbruck !)

D) … au début des années 1920, face au manque de main d’oeuvre liée à la boucherie de 14-18, la France a accueilli par convention franco-polonaise, plus de 500 000 polonais. A lui tout seul, le Pas-de-Calais en accueilli plus de 150 000 ! …

E) Entre 1876 et 1914, ce sont 1,7 millions d’Italiens qui ont rejoint la France pour participer à l’effort économique …etc,

Aujourd’hui, après le vote italien et la remise en cause des accords de Dublin, prenons-nous la véritable dimension du problème ?

F. La Turquie retient 3,8 millions de réfugiés syriens en monnaie de chantage avec l’UE,

G. En 2050, l’Afrique comptera 1,5 milliards d’habitants supplémentaires … insoluble pression à venir, “trop d’intelligence tue l’intelligence” et merci à la “Françafrique”. Sachons faire face à nos responsabilités d’ex-colonisateurs et à l’invraisemblable héritage laissé pour les générations qui arrivent … les réponses sont “politiques” ou, à défaut, doivent venir des ONG et de la Société civile.

Ouvrons donc notre esprit, voire notre cœur, et sauvons notre âme!

 

 

 

La sagesse suprême consiste a avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue tandis qu’on les poursuit.

William Faulkner

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De Gabriel Delicourt

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